Commission Internationale de la Révolution Francaise

Congrès 2020 à Poznań

Appel à contribution

Le nationalisme révolutionnaire dans une perspective globale

Cette session sera organisée conjointement par la Commission internationale sur l’histoire de la révolution française, les Comités nationaux japonais et coréens et NOGWHISTO

Organisateurs : Koichi Yamazaki (Tokyo), Alan Forrest (York), Pierre Serna (Paris), Matthias Middell (Leipzig)

Les révolutions peuvent avoir des objectifs universels et parler le langage des droits de l’homme, mais elles semblent produire une recrudescence du sentiment nationaliste et un sens unique de l’identité nationale. Les révolutionnaires semblent souvent croire que leur révolution a quelque chose d’unique qui leur appartient, à eux seuls, allant même jusqu’à proclamer que seuls ceux qui appartiennent à leur nation peuvent vraiment comprendre la cause révolutionnaire ou s’identifier à elle. Une approche globale de l’histoire révolutionnaire nous permet de surmonter l’étroitesse de telles perceptions nationales ; en effet, il a été suggéré que l’histoire globale peut constituer le remède ultime pour le nationalisme. Les transformations politiques récentes ainsi que les progrès dans la façon dont les histoires nationales peuvent être écrites dans une perspective globale nous ont amenés à comprendre que la nationalisation est liée aux processus globaux et peut être interprétée comme une réaction à une interdépendance accrue et à des flux mondiaux. Suivant cette logique, les tendances récentes en matière d’écriture historique globale mettent l’accent sur l’interaction du national et du global plutôt que de se concentrer uniquement sur le global. Cette approche peut être utilisée pour revoir le rôle joué par les révolutions dans la fomentation du nationalisme. Nous proposons d’utiliser cette session pour examiner trois dimensions différentes de ce problème :

1. La circulation transnationale des idées émanant de révolutions individuelles et conduisant au concept de nationalisme en tant qu’arme pour et contre la transformation révolutionnaire qui devint une sorte de norme mondiale. Les révolutions nord-américaine et française ont déjà fait l’objet de discussions approfondies en tant que point de départ du constitutionnalisme et de la construction de l’État-nation, avec un énorme rayon de diffusion. Mais cela ne nous ramène-t-il pas une fois de plus à une histoire eurocentrique qui tend à faire oublier l’interaction entre les révolutions en Europe occidentale et en Amérique du Nord d’une part et celles de l’Atlantique sud (noir) et de l’Asie ? Une approche purement diffusionniste semble inadéquate et nous invitons les contributions qui mettent l’accent sur l’échange d’idées et d’interprétations entre les différents points chauds de l’agitation révolutionnaire.

2. Bien que la nationalisation et le nationalisme soient devenus un outil central dans l’arsenal de sociétés qui avaient connu des révolutions (avec un large éventail de variantes à discuter), elles figuraient également dans des sociétés moins infectées par le bacille révolutionnaire (mais craignaient confronté avec elle). Ici, les élites politiques et militaires ainsi que les intellectuels ont développé leurs propres formes de conscience nationale afin d’empêcher que leurs sociétés (ou, plus ambitieusement, le monde) ne soient davantage contaminées. Ce type de nationalisme anti-révolutionnaire a fusionné avec d’autres discours de contre-révolution et a exercé un effet aussi puissant sur les générations futures que le nationalisme révolutionnaire lui-même. À ce jour, il a été étudié comme le point de départ d’identités nationales individuelles - plus particulièrement en Allemagne - mais peu de travail a encore été fait sur son rayonnement mondial.

3. Plus les sociétés s’éloignent de leur expérience révolutionnaire antérieure, plus une tension se crée entre leur héritage social-révolutionnaire et leur héritage nationaliste, ouvrant ainsi la voie à de nouveaux débats sur la nature du nationalisme. Devrait-il être considéré comme le but ultime de leur révolution, comme une aberration d’un message révolutionnaire antérieur ou comme un obstacle aux tentatives ultérieures de changement de la société par des moyens révolutionnaires ?

Ce panel sera structuré de manière à comparer les cas à travers le temps et les régions du monde et à créer une rencontre systématique entre historiens de l’histoire mondiale, de l’histoire des nationalismes et des États-nations et de l’histoire révolutionnaire.

Veuillez envoyer votre proposition de communication à middell (at) uni-leipzig.de avant le 28 février 2019.

12 mars 2019
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